Maison Daniel Brottier

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Nouvelles - 1er trimestre 2009

Dimanche 26 avril 2009

Maroua, janvier, février et mars 2009

Les enfants

le grand JosephLe grand Joseph est quasiment indépendant. Il travaille à la Fondation Bethléem de Mouda, comme moi, mais à l’atelier soudure. Jusqu’à présent il n’était que stagiaire mais maintenant il peut compter sur un salaire de 25 000Fcfa par mois. Ce n’est pas beaucoup mais c’est suffisant pour les dépenses qu’il rencontre à Mouda. La location d’une case est de 1 500Fcfa/mensuel et pour la nourriture c’est plus facile qu’à Maroua. Nous lui avons payé un lit et la moitié du matelas. Il faut qu’il commence à gérer son argent. Il a du mal a comprendre et nous demande toujours le mil, le savon et d’autre dépenses quotidiennes.

Récemment, Joseph et Madeleine Tchiouto, son amie, sont venus nous rendre visite pour un problème les concernant. Le samedi 14 mars, Martine est partie avec Madeleine chez son père pour se présenter et lui dire que Joseph et Madeleine, étant tombé amoureux l’un de l’autre, ils envisageaient de se marier et demandaient l’approbation de ses parents. Le papa a accepté au grand soulagement de Tchiouto qui avait peur de cette entrevue.

DidierDidier a commencé sa scolarité au Lycée classique. Nous avons du repayer entièrement son inscription et comme c’est sa première année dans ce collège, il faut en plus donner l’argent pour une table banc (10 000Fcfa). De plus, il n’avait pas de tenue de sport, de tenue du collège (chaque école a un uniforme) et il lui manquait des livres (anglais, mathématique et d’autres) et les fournitures. Nous nous demandons comment il a pu faire jusqu’à présent pour suivre là où il était, au lycée de Meskine.
Tout se passait bien jusqu’au week-end dernier (8 mars 2009) où Martine s’est aperçue qu’il manquait le téléphone portable de la maison. Après enquête, il s’avère que c’est Didier qui a pris le téléphone pour le vendre à Joseph en lui disant qu’on lui avait donné. Après avoir nié et menti pendant toute une matinée, Joseph à avoué. Peut être a t-il fait cela pour nous remercier de nous occuper de lui !
Quand à Didier, après avoir touché 5 000Fcfa de la part de Joseph, il a été prié de se nourrir lui même durant 3 jours. Nous nous sommes aperçus également qu’ils vendaient les peu de livres que l’on avait pour les enfants. Il est désormais interdit pour lui d’entrer dans le salon. Nous supposons aussi qu’il a vendu tous ces livres de classe et tout ce qui manquait et que nous avons été obligé de racheter .

Clandos & occasions

Notre quartier Lugguéo, dans Maroua, est situé plein est et la route de Garoua (celle qui passe par Mouda) se situe à l’entrée de la ville plein ouest, ce qui fait qu’il nous faut traverser toute la ville pour aller et revenir de mon lieu de travail .
Jusqu’à présent, pour y aller, le lundi et le jeudi matin, je partais de la maison vers les 6h00 pour essayer de trouver une Moto taximoto taxi (appelé « clando » car la plupart ne sont pas en règle). Et n’est pas facile car nous habitons au fond du fond du quartier et il faut souvent marcher 15 minutes avant d’en rencontrer un, tombé du lit, qui puisse m’emmener au carrefour Para, là où les mini bus (communément appelée « occasion ») partent pour le sud (vers Garoua et Yagoua). Ensuite, après 15 ou 20 minutes de moto, et de frayeurs car nous n’avons pas le même code de la route, nous arrivons au stationnement où 3 ou 4 placeurs essayent de vous convaincre que l’occasion, qui est là devant vous, vide, va partir dans la seconde et qu’il faut absolument que vous lui donniez l’argent du transport avant que l’occasion ne vous échappe. Si vous ne les connaissez pas, ils sont très convaincant et cela peut vous retarder dans votre journée d’une heure voir plus, car une fois l’argent empochée, plus moyen de le récupéré même si des dizaines de voitures partent devant vous.
Au carrefour, il y a deux sortent de voitures qui transportent les gens : celles qui font du ramassage et qui partent vide ou à moitié vide et qui s’arrêtent au bord de la route pour « ramasser » les clients. Et puis ils y a celles qui stationnent au carrefour et qui remplissent le plus possible avant de partir. Si vous arrivez à ce carrefour avant 7 h 00 du matin, pas de problème, il y aura toujours une occasion de passage ou une autre déjà bien remplie, mais on ne refuse pas le client, prêtre à partir. Après 7 h 00, c’est plus aléatoire. Il y a moins de passage et les voitures en stationnement sont souvent vide car les premières sont déjà en route. Il faut patienter.
Donc, si vous donnez votre argent au premier venu, certes il n’est pas perdu mais vous avez peut être tirer le mauvais numéro qui partira lorsqu’il sera bien plein, une heure après voir plus. Martine a déjà, dans sa jeunesse, attendue plus d’une demi-journée à ce fameux carrefour. Moi même, je me suis fâché plusieurs fois pour récupérer mon argent, mal placée, alors qu’une voiture partait devant moi.
MinibusMais en règle générale, le départ de Maroua ne pose pas d’énormes problèmes. Le plus compliqué est de partir de Mouda pour Maroua. Cela devient très aléatoire, suivant le jour (il y a plus de voiture tel jour car c’est un marché important dans tel village) et l’heure. On peut attendre 2 minutes, ou bien 3 heures, qu’une occasion veuille bien s’arrêter pour vous prendre. Il y a des jours où des dizaines de voitures peuvent passées devant vous sans pour autant s’arrêter car déjà surchargées de marchandises et de personnes. Pour exemple, les occasions du mardi qui partent en fin d’après midi de Moutourwa, jour de marché, et qui rentrent à Maroua remplies, 4 personnes devant, et 20 derrière dans un mini bus Toyota de 12 ou 13 passagers. Il m’est arrivé de rester sur le goudron, à Mouda, de 16 h 30 à 19 h 30 sans qu’aucune voiture ne s’arrête. C’est finalement un ami de Martine, qui revenait de Kaele en moto, qui m’a ramené à la maison, il était plus de 20 h 30.
Tout cela pour dire que j’étais fatigué de souffrir sur la route le mardi, et qu’en conséquence, nous avons décidé d’acheter une petite Suzuki pour les déplacements en ville (le pick-up me servira à aller et revenir de Mouda, avec Bouba, et chercher du bois de cuisine en brousse). C’est un prêtre de Moutourwa, le Père Xavier, qui l’avait mise en vente chez un mécanicien de Maroua, où elle est restée plus de 6 mois. Nous la prenons à crédit et payons un peu de temps en temps, il n’est pas pressé et a confiance. Nous faisons la tontine avec Martine et c’est comme cela que nous allons pouvoir la payer. Je suis libéré et enfin je peux partir de Mouda en me disant que, si Dieu veut, je serai à la maison dans une heure.

Martine & Thierry

Nouvelles - 4ème trimestre 08

Dimanche 1 février 2009

Maroua, octobre/novembre/décembre 2008

Adèle dite «  Guntu » (petit morceau en fufuldé)

AdèleNous avons aidé une maman avec son bébé durant le mois d’octobre. Elle est arrivée à la clinique du Bonsecour le 19 après avoir accouchée le 9 octobre. Celui-ci s’est bien passé mais la maman, étant très malade, n’a pas pu nourrir le bébé. C’est le papa qui est venu nous chercher à la maison. Ils avaient déjà dépensés tout leur argent pour soigner la maman. Nous sommes partis un soir vers les 20h00. Le bébé était très faible, déshydraté mais vivant. Après leur avoir expliqués comment faire un biberon et comment le doser, nous leur avons donner tout le nécessaire et payé une perfusion pour Adèle Bolda, le bébé.
Le lendemain, Martine est revenue pour soigner la maman, car elle était très faible et avait déjà une dette à l’hôpital. Durant cinq jours, Martine est partie lui rendre visite et payer les médicaments pour elle et le lait pour Adèle, qui allait beaucoup mieux.
Le médecin disait que la maman avait une infection pulmonaire et une insuffisance cardiaque. Nous n’avions plus d’argent et le médecin nous disait que lui même ne pouvait rien faire pour elle. Nous leur avons donner 3 boites de lait et ils sont repartis au village.
Nous avons appris, hier 7 novembre 2008, le décès de la maman, Marie Lasné. Pas de nouvelle de Adèle pendant une semaine puis le papa est revenu à la maison avec Guntu, la Souris : 43 jours, 1 kilo. Nous avons demandé au papa de chercher quelqu’un pour s’en occuper, nous chargeant nous même du lait et de la santé de l’enfant. Il n’est pas revenu à ce jour (28 décembre) et nous avons appris que le frère aîné de Adèle était mort au village tout récemment. Dans de telles conditions, nous préférons garder Adèle à la maison.
Après un gavage en règle de Martine, Adèle revient bien et grossie de façon convenable : fin décembre 3 kilos et demi.

Achille

AchilleDébut décembre, Achille a été transporté à l’hôpital de la CNPS, pour soigner un palu cérébral. Il a convulsé et est tombé dans le coma pendant 5 jours. C’était durant mon voyage en France et Martine s’est démenée pendant 2 semaines, entre l’hôpital, la pharmacie et la maison. Achille est de retour à la maison mais nous pensons que certaines fonctions ont été touchées. Achille ne voit plus pour l’instant, il pleure beaucoup et est facilement irritable, il ne s’assoit plus, bref, ce n’est plus le bébé vif et actif qu’il était. Cela fait maintenant 2 semaines qu’il est sorti de l’hôpital et les choses s’améliorent. Néanmoins il ne pourra pas tout récupérer.

Didier

DidierDidier était chez son papa depuis 2 ans, un quartier périphérique de Maroua, Dougouf. Mais, depuis quelques temps, cela n’allait plus du tout. Il faisait bêtise sur bêtise (vols, fugues, nombreuses absences à l’école etc.). A sa dernière fugue, nous l’avons récupéré à Foulou, chez les parents de Martine. Le dialogue avec son papa étant complètement rompus (le moindre reproche le faisait fuguer), nous avons décidés de le reprendre à la maison et de l’inscrire, à la rentrée de janvier, au Lycée classique de Maroua qui est à 10 minutes à pied de la maison.
Didier a été chez nous durant toute les vacances scolaire et il s’est bien comporté. Nous espérons qu’il pourra surmonter la crise qui l’occupe depuis 6 mois. Il est vrai que l’environnement, chez son papa, n’est pas propice a un bon épanouissement : son papa s’est remarié 2 fois et les enfants, dans ce foyer, son mal encadrés. Ils sont un peu laissés à eux même et l’affectif est absent.

La pisciculture

PiscicultureNous sommes partis à Maga chercher des tilapias pour mettre dans un bassin. Le transport c’est bien passé et la mise à l’eau également. Il y en a 79. Nous avons aussi péché des poissons chats pour les mettre dans un autre bassins afin qu’ils puissent grossir un peu plus vite. Nous pensons manger les premiers vers le début d’année.
Le 24 décembre nous avons fait une pêche, dans le bassin des tilapias, afin de voir si leur reproduction étaient commencés et mettre les alevins dans un autre pour les faire grossir. Nous en avons pris une quinzaine que nous avons, pour l’instant, isolée.

Noël

Le jour de Noël, les enfants du quartier sont venus en nombre pour fêter avec nous et même avant nous. Les premiers sont venus vers 10h30 alors que nous même avons mangés vers 14h00, du cochon (donné par les parents de Martine), de la chèvre et du canard de la maison. Le tout accompagné par des bananes plantais frites et un peu de bilbil.
Le 1ier janvier nous serons à Foulou chez les parents de Martine.

Martine & Thierry

Interview de Thierry Falk - Déc 08

Mardi 30 décembre 2008

Thierry FalkNous avons profité du passage de Thierry Falk, un des responsables de la maison d’accueil de Maroua, en Suisse pour lui poser quelques questions très actuelles sur la structure dont il s’occupe.

Il a très gentillement répondu, de manière claire et précise. Nous le remercions chaleureusement et lui souhaitons une bonne reprise au Cameroun, puisqu’il est désormais de retour.

Thierry, pouvez-vous nous donner des nouvelles des enfants ?

AchilleJe donnerai en premier des nouvelles de Achille (7 mois) qui a été hospitalisé. Le médecin a diagnostiqué un paludisme cérébral. Achille a passé plusieurs jours dans le coma et a eu de très nombreuses convulsions. Martine est découragée. Elle fait des allers-retours, de l’hôpital à la maison, car il n’y a aucun service dans ce genre de structure. Il faut assurer la garde du malade et apporter la nourriture. Si l’on vous prescrit un médicament, il faut aller en pharmacie pour l’acheter. Achille a pu rentrer à la maison, mais il a de graves séquelles : il ne voit plus et peine à bouger les membres. Mais il mange avec appétit ! Les autres enfants vont bien et terminent le premier trimestre d ’école avec plus ou moins de réussite. Il reste à la maison Marie Thérèse et Adèle.

Vous avez, depuis peu, une petite Adèle avec vous. Quelle est son histoire ?
AdèleAdèle est un bébé que nous suivons depuis quasiment sa naissance. Sa maman, malade, a accouchée dans son village, dans la brousse de Mindif. Elle n’a pas pu l’allaiter car étant malade, elle n’avait pas de lait. Au bout de 10 jours, la famille est entrée dans la clinique du Bonsecours pour essayer de soigner la maman. Adèle, depuis sa naissance, n’avait mangée que de la bouillie de mil ou de l’eau sucrée. Durant 10 jours d’hospitalisation de la maman, Adèle n’a rien mangée de plus. Le papa est venu nous chercher à la maison un dimanche soir pour qu’on puisse venir en aide à Adèle (c’est le prêtre de la cathédrale qui lui indiquée notre maison). Il avait dépensé tout son argent pour les médicaments de sa femme et avait contracté une dette à la clinique mais cela n’allait toujours pas et Adèle dépérissait.
On a trouvé la maman et Adèle très faible. Martine s’est occupée du bébé qui était déshydraté et affamé. On a demandé à ce que l’on place une perfusion à Adèle, pour la réhydratée et montré à la grand-mère comment faire un biberon (nous leur avons donné 3 boites de lait maternelle). Ensuite nous nous sommes préoccupé de la maman et sans payer la dette qu’elle avait (nous n’avions pas les moyens) nous lui avons acheté les médicaments durant 5 jours. La maman et l’enfant allant mieux, ils sont retournés au village.
Une semaine après, nous apprenions le décès de la maman et 4 jours après sa mort, le papa est venu à la maison avec Adèle disant qu’il ne pouvait pas s’en occuper. Adèle pesait à ce moment (43 jours) 1 kilo, c’est dire qu’au village on ne s’était pas occupé d’elle. Martine à alerté la Délégation des Affaires Sociales leur disant qu’en ce moment nous ne pouvions pas nous charger de l’enfant mais eux même nous ont demandés de la garder pour l’instant.
Adèle est chez nous depuis 4 semaines et a repris 1 kilo 800g.

A plus de quinze à la maison, parvenez-vous à avoir une vraie vie de famille ?
Oui nous avons une vie de famille. Nous nous retrouvons tous (même les tout petits) tous les soirs à 18h30 pour la prière et c’est le moment où tout le monde peut s’exprimer.
Vie de familleChacun a ses activités, scolaires ou tâches diverses, mais nous nous retrouvons chaque soir. Chacun a son rôle. Il est vrai qu’avec Martine nous passons plus de temps avec les petits (les moins de 6 ans qui demandent plus d’attention) mais chacune et chacun a des rapports de frères ou sœurs et les Léa, Clarisse et Geneviève nous aident beaucoup pour nous occuper des enfants plus petit .
Ils nous manquent toutefois des moments de sortie, tous ensemble, en dehors de la messe dominicale. Nous essayons, tous les ans en fin d‘année, de faire une excursion mais cela s’avère parfois difficile.
Nous avons une vraie vie de famille Africaine.

Les effets de la crise alimentaire se font-ils ressentir jusqu’au Nord Cameroun ?
Oui les effets de la crise se font sentir surtout au niveau des prix et pas seulement alimentaire. Le sac de riz, de sucre, le carton d’huile et de savon, tout cela a augmenté de manière significative. Nous achetions le sac de riz de 100 kg à 14 500f, maintenant il est à 18 000F.L’huile est devenue très chère également (1 300f le litre au lieu de 850f). Le prix du mil dépend de la récolte et de la demande. Cette année la récolte a était bonne mais beaucoup de sacs partent vers le Nigeria et le Tchad. Il y a de la spéculation sur les denrées alimentaires du Nord Cameroun. Nous avons la chance, dans le Diamaré, d’avoir deux récoltes par an mais souvent cet avantage ne profite pas à l’habitants de cette région car une grosse partie de ce mil s’exporte.

Quels projets avez-vous mis en place pour tenter d’être auto-suffisants au niveau alimentaire ?
PiscicultureNous avons initier, récemment, un projet pisciculture avec un ingénieur halieutique envoyé par la DCC (Délégation catholique de Coopération) et payé par la Fondation Bethléem de Mouda. Nous avons creusés 6 bassins de 100 m² où grandissent des poissons chats et des tilapias et effectuer un forage à 26 mètres. Les premiers sont utilisés fumés dans presque toute les sauces qui accompagnent la boule de mil. Nous pensons le fumer et en prendre pour nous même, le restant pourrait être vendu au marché ou à des particuliers. Les tilapias se mangent frais.
Culture des oignonsGrace au forage nous avons commencés du maraîchage avec des oignons, des tomates et d’autres différents légumes.
Nous avons également pris un terrain, dans le village des parents de Martine, appartenant au papa de Clarisse qui est décédé au mois d’avril. Nous avons fait 4 hectares de mil de saison sèche. Cela nous coûte un peu d’argent mais si la récolte est bonne nous n’achèterons pas de sac de mil pendant peut-être une année.

Quels sont les besoins fondamentaux pour lesquels les parrainages sont importants ?
Les besoins fondamentaux sont bien évidemment la ration alimentaire et les soins. Ensuite nous scolarisons tout nos enfants ce qui occasionne de grandes dépenses au mois d’août, septembre et octobre.
Nous avons un besoin essentiel, comme toute les familles de Maroua, qui est le bois de cuisine pour faire cuire la boule. Nous allons tous les 15 jours à Foulou pour voir les parents de Martine et pour chercher du bois.
Sinon une sortie avec tous les enfants, de temps en temps, fait un bien très apprécié par chacun de nous.

Quelle utilité peuvent avoir les dons mensuels, même modestes ?
Par exemple, 23.- CHF nous permet-tent d’acheter 3 boites de lait maternel pour un bébé. 50.- CHF paient l’inscri-ption d’un élève en école primaire. 50.- CHF également pour acheter un sac de mil de 100 kg qui nous fera 15 jours, en alternance avec du riz.
Pour les soins médicaux, les frais sont variables suivant la maladie mais un remède antipaludéens, par exemple, nous coûte 13.- CHF, si il est pris à temps. Les frais d’hospitalisation sont chers malgré le non remboursement.

Quels espoirs avez-vous pour votre maison d’accueil en 2009 ?
L’espoir qu’un jour, peut être, nous serons reconnus officiellement par la Délégation des Affaires Sociales. Nous avons des bons rapports mais notre dossier est à Yaoundé et personne n’est derrière pour le faire avancer.
Nous avons envoyé un dossier à l’ambassade des Pays Bas pour financer une activité génératrice de revenus qui est un moulin pour moudre le mil et le maïs. On aurait l’avantage de ne plus aller au moulin du quartier (a peu près 1 000f pour 10 kilos), d’avoir du son pour nourrir nos chèvres, moutons, canards, poulets et poissons et nous pourrons avoir une recette chaque jour si l’activité marche bien.
Nous avons également l’espoir qu’un jour on puisse avoir une puissance électrique telle que nous puissions avoir un réfrigérateur, un congélateur et que les néons ne clignotent plus le soir comme ils le font régulièrement.
Nous espérons compter sur une entrée d’argent régulière car, par moment, nous avons des difficultés à combler nos dépen-ses, surtout quand nous venons à aider des personnes extérieures que nous n’avions pas prévues.

Après un mois en Europe, vous réjouissez-vous de rentrer au Cameroun ?
Martine et AchilleMartine est très fatiguée, comme je l’ai dit en réponse à la première question. Et oui, je suis extrêmement impatient de la retrouver ainsi que tous les enfants. Je pense que la fois prochaine, je ne pourrai pas venir sans elle.

Version PDF : interview-thierry-dec-08.pdf

Mi-décembre 2008

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