Maison Daniel Brottier

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Nouvelles - 3ème trimestre 2009

Mercredi 23 décembre 2009

Maroua, octobre 2009

La vie scolaire

La rentrée a eue lieue sans encombre. Gloria continue en 2ème année maternelle. Béatrice et Henriette sonGloriat à la SIL (session d’initiation au langage) tandis que petit Joseph est au CP. Dans la même école primaire nous avons toujours Clarisse et Moïse qui préparent l’examen de fin de 1er cycle (CEPE). Les enfants vont à l’école à pied car elle n’est pas très loin de la maison (500 mètres).
Léa et Geneviève sont au Lycée technique. La 1ère année est générale et ensuite elles prendront une spécialité, là ou elle sont le plus à l’aise, pour arriver au CAP en 3 ans. Le lycée est situé également à coté de la maison.
Sawalda est à guider, en internat au petit Séminaire, en classe de 3ème allemand. Tous se passe bien pour le moment.
Avec Didier les difficultés commencent : nous avons préférés le sortir de Maroua où il côtoyé des camarades d’influence douteuse pour le mettre au lycée de Foulou, chez les parents de Martine. Nous espérons que la brousse et ses habitants lui serons bénéfique. Une chose est sure, c’est qu’il y a beaucoup moins de tentation au village qu’à Maroua.
Raymond Soussia sera avec Thierry au Centre de Formation Artisanal et d’Appareillage de Mouda (CFAAM). La scolarité pour lui est finie. Les résultats sont médiocres et il devient un peu trop âgé pour continuer. Ensemble nous avons choisi une formation en agriculture et élevage : il est travailleur et n’a pas peur de suer. De plus, après sa formation, on pourrais avoir besoin de quelqu’un pour s’occuper de nos champs. On verra plus tard.

Béatrice et Mbrossi

Simon est en 2ème C à Méri . Ils sont 48 dans leur classe ce qui n’est vraiment pas nombreux, et aucune fille. Plus tard, il souhaiterais faire médecine…
Sandrine, la sœur de grand Joseph, est à Lam en 4ème . Le grand Joseph lui s’est fiancé le 23 mai 2009 avec Madeleine et ils ont déjà un enfant, Ludovic. Il travaille à l’atelier soudure du CFAAM avec un contrat de 3 mois renouvelable tant qu’il y a des travaux.
Jacqueline, qui a travaillé avec nous au début 2004 et que nous connaissons depuis Ngaoundéré, est revenue à la maison au mois de juin. Elle vient de perdre son mari et les liens avec sa belle famille, qui était déjà très compliqués, sont complètement rompus. Nous l’avons pris en charge avec ses enfants car elle n’a plus rien et de plus sa maman est alitée depuis plusieurs mois sans espoir de se remettre debout. Nous avons inscrit ses enfants à l’école mais certains ont beaucoup de retard : Jean Marie 5 ans), que nous connaissons bien pour l’avoir accueilli il y a 3 ans, est à la SIL avec son grand frère Jean de Dieu (7 ans). Priska est au CP tandis qu’Appoline (16 ans) est au CE2.
Achille, Ada et GountouSont restés à la maison, Marie Thérèse Ada Wabi, Adèle dite « Gountou » et Achille Doba qui va tous les lundis à Mouda pour la rééducation. Bouba l’accompagne pour aller à l’école « pratique » du Centre. Bouba ne peut pas aller dans une école classique vu son retard mental. Ce qui nous ennui c’est que l’on a l’impression qu’il ne peut pas progresser à Mouda en étant constamment avec des garçons et filles accusant des retards plus lourd que le sien. C’est du moins une impression, peut etre celle de tous les parents. Bouba, en étant tout le temps sur son dos, est capable de faire beaucoup de chose. A Mouda ils ne sont pas en suractivité, loin de là !

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Cultures diverses

Nous avons commencé à manger du poisson de notre maison : du poisson chat mais aussi quelques tilapia communément Protoptèreappelé ici carpe. Cela fait plaisir de pouvoir enfin récolter le fruit de ce travail. Si tout va bien, nous allons bientôt vider un bassin et fumé tout ce qu’il s’y trouve sauf les 3 protoptères que nous avons introduit il y a seulement 4 mois pour faire un essai. C’est un poisson que l’on peut trouver dans les plans d’eau de la région et qui s’enterre en saison sèche pour ressurgir en saison des pluies. Les paysans les pêchent avec une pioche et une pelle dans les mayos (cours d’eau saisonniers) asséchés. Si l’expérience réussi, si le grossissement est acceptable , nous en introduirons d’autres, c’est vraiment un poisson bien adapté à notre climat.
Nous avons commencé également une réfection des berges qui ont bien souffert durant les deux saisons des pluies. Nous allons essayer de les stabiliser avec des sacs de sable car le ruissellement les a beaucoup éprouvé.
Nous avons récolté le maïs de notre maison. En ce moment c’est l’égrenage et cela fait mal aux mains. La récolte est bonne. Nous avons aussi du gombo, du foléré et à Méri avec Simon, nous avons fait de la patate douce et des arachides.
A foulou, dans le village des parents de Martine, nous sommes entrain de cultiver du mil de saison sèche sur 10 hectares. L’année dernière, sur 4 hectares, nous avions récoltés 16 sacs de 100 kilos. On verra si ce sera meilleur. La pluie n’a pas était très régulière et le résultat n’est pas acquis.

Martine & Thierry

Nouvelles - 1er trimestre 2009

Dimanche 26 avril 2009

Maroua, janvier, février et mars 2009

Les enfants

le grand JosephLe grand Joseph est quasiment indépendant. Il travaille à la Fondation Bethléem de Mouda, comme moi, mais à l’atelier soudure. Jusqu’à présent il n’était que stagiaire mais maintenant il peut compter sur un salaire de 25 000Fcfa par mois. Ce n’est pas beaucoup mais c’est suffisant pour les dépenses qu’il rencontre à Mouda. La location d’une case est de 1 500Fcfa/mensuel et pour la nourriture c’est plus facile qu’à Maroua. Nous lui avons payé un lit et la moitié du matelas. Il faut qu’il commence à gérer son argent. Il a du mal a comprendre et nous demande toujours le mil, le savon et d’autre dépenses quotidiennes.

Récemment, Joseph et Madeleine Tchiouto, son amie, sont venus nous rendre visite pour un problème les concernant. Le samedi 14 mars, Martine est partie avec Madeleine chez son père pour se présenter et lui dire que Joseph et Madeleine, étant tombé amoureux l’un de l’autre, ils envisageaient de se marier et demandaient l’approbation de ses parents. Le papa a accepté au grand soulagement de Tchiouto qui avait peur de cette entrevue.

DidierDidier a commencé sa scolarité au Lycée classique. Nous avons du repayer entièrement son inscription et comme c’est sa première année dans ce collège, il faut en plus donner l’argent pour une table banc (10 000Fcfa). De plus, il n’avait pas de tenue de sport, de tenue du collège (chaque école a un uniforme) et il lui manquait des livres (anglais, mathématique et d’autres) et les fournitures. Nous nous demandons comment il a pu faire jusqu’à présent pour suivre là où il était, au lycée de Meskine.
Tout se passait bien jusqu’au week-end dernier (8 mars 2009) où Martine s’est aperçue qu’il manquait le téléphone portable de la maison. Après enquête, il s’avère que c’est Didier qui a pris le téléphone pour le vendre à Joseph en lui disant qu’on lui avait donné. Après avoir nié et menti pendant toute une matinée, Joseph à avoué. Peut être a t-il fait cela pour nous remercier de nous occuper de lui !
Quand à Didier, après avoir touché 5 000Fcfa de la part de Joseph, il a été prié de se nourrir lui même durant 3 jours. Nous nous sommes aperçus également qu’ils vendaient les peu de livres que l’on avait pour les enfants. Il est désormais interdit pour lui d’entrer dans le salon. Nous supposons aussi qu’il a vendu tous ces livres de classe et tout ce qui manquait et que nous avons été obligé de racheter .

Clandos & occasions

Notre quartier Lugguéo, dans Maroua, est situé plein est et la route de Garoua (celle qui passe par Mouda) se situe à l’entrée de la ville plein ouest, ce qui fait qu’il nous faut traverser toute la ville pour aller et revenir de mon lieu de travail .
Jusqu’à présent, pour y aller, le lundi et le jeudi matin, je partais de la maison vers les 6h00 pour essayer de trouver une Moto taximoto taxi (appelé « clando » car la plupart ne sont pas en règle). Et n’est pas facile car nous habitons au fond du fond du quartier et il faut souvent marcher 15 minutes avant d’en rencontrer un, tombé du lit, qui puisse m’emmener au carrefour Para, là où les mini bus (communément appelée « occasion ») partent pour le sud (vers Garoua et Yagoua). Ensuite, après 15 ou 20 minutes de moto, et de frayeurs car nous n’avons pas le même code de la route, nous arrivons au stationnement où 3 ou 4 placeurs essayent de vous convaincre que l’occasion, qui est là devant vous, vide, va partir dans la seconde et qu’il faut absolument que vous lui donniez l’argent du transport avant que l’occasion ne vous échappe. Si vous ne les connaissez pas, ils sont très convaincant et cela peut vous retarder dans votre journée d’une heure voir plus, car une fois l’argent empochée, plus moyen de le récupéré même si des dizaines de voitures partent devant vous.
Au carrefour, il y a deux sortent de voitures qui transportent les gens : celles qui font du ramassage et qui partent vide ou à moitié vide et qui s’arrêtent au bord de la route pour « ramasser » les clients. Et puis ils y a celles qui stationnent au carrefour et qui remplissent le plus possible avant de partir. Si vous arrivez à ce carrefour avant 7 h 00 du matin, pas de problème, il y aura toujours une occasion de passage ou une autre déjà bien remplie, mais on ne refuse pas le client, prêtre à partir. Après 7 h 00, c’est plus aléatoire. Il y a moins de passage et les voitures en stationnement sont souvent vide car les premières sont déjà en route. Il faut patienter.
Donc, si vous donnez votre argent au premier venu, certes il n’est pas perdu mais vous avez peut être tirer le mauvais numéro qui partira lorsqu’il sera bien plein, une heure après voir plus. Martine a déjà, dans sa jeunesse, attendue plus d’une demi-journée à ce fameux carrefour. Moi même, je me suis fâché plusieurs fois pour récupérer mon argent, mal placée, alors qu’une voiture partait devant moi.
MinibusMais en règle générale, le départ de Maroua ne pose pas d’énormes problèmes. Le plus compliqué est de partir de Mouda pour Maroua. Cela devient très aléatoire, suivant le jour (il y a plus de voiture tel jour car c’est un marché important dans tel village) et l’heure. On peut attendre 2 minutes, ou bien 3 heures, qu’une occasion veuille bien s’arrêter pour vous prendre. Il y a des jours où des dizaines de voitures peuvent passées devant vous sans pour autant s’arrêter car déjà surchargées de marchandises et de personnes. Pour exemple, les occasions du mardi qui partent en fin d’après midi de Moutourwa, jour de marché, et qui rentrent à Maroua remplies, 4 personnes devant, et 20 derrière dans un mini bus Toyota de 12 ou 13 passagers. Il m’est arrivé de rester sur le goudron, à Mouda, de 16 h 30 à 19 h 30 sans qu’aucune voiture ne s’arrête. C’est finalement un ami de Martine, qui revenait de Kaele en moto, qui m’a ramené à la maison, il était plus de 20 h 30.
Tout cela pour dire que j’étais fatigué de souffrir sur la route le mardi, et qu’en conséquence, nous avons décidé d’acheter une petite Suzuki pour les déplacements en ville (le pick-up me servira à aller et revenir de Mouda, avec Bouba, et chercher du bois de cuisine en brousse). C’est un prêtre de Moutourwa, le Père Xavier, qui l’avait mise en vente chez un mécanicien de Maroua, où elle est restée plus de 6 mois. Nous la prenons à crédit et payons un peu de temps en temps, il n’est pas pressé et a confiance. Nous faisons la tontine avec Martine et c’est comme cela que nous allons pouvoir la payer. Je suis libéré et enfin je peux partir de Mouda en me disant que, si Dieu veut, je serai à la maison dans une heure.

Martine & Thierry

Nouvelles - 4ème trimestre 08

Dimanche 1 février 2009

Maroua, octobre/novembre/décembre 2008

Adèle dite «  Guntu » (petit morceau en fufuldé)

AdèleNous avons aidé une maman avec son bébé durant le mois d’octobre. Elle est arrivée à la clinique du Bonsecour le 19 après avoir accouchée le 9 octobre. Celui-ci s’est bien passé mais la maman, étant très malade, n’a pas pu nourrir le bébé. C’est le papa qui est venu nous chercher à la maison. Ils avaient déjà dépensés tout leur argent pour soigner la maman. Nous sommes partis un soir vers les 20h00. Le bébé était très faible, déshydraté mais vivant. Après leur avoir expliqués comment faire un biberon et comment le doser, nous leur avons donner tout le nécessaire et payé une perfusion pour Adèle Bolda, le bébé.
Le lendemain, Martine est revenue pour soigner la maman, car elle était très faible et avait déjà une dette à l’hôpital. Durant cinq jours, Martine est partie lui rendre visite et payer les médicaments pour elle et le lait pour Adèle, qui allait beaucoup mieux.
Le médecin disait que la maman avait une infection pulmonaire et une insuffisance cardiaque. Nous n’avions plus d’argent et le médecin nous disait que lui même ne pouvait rien faire pour elle. Nous leur avons donner 3 boites de lait et ils sont repartis au village.
Nous avons appris, hier 7 novembre 2008, le décès de la maman, Marie Lasné. Pas de nouvelle de Adèle pendant une semaine puis le papa est revenu à la maison avec Guntu, la Souris : 43 jours, 1 kilo. Nous avons demandé au papa de chercher quelqu’un pour s’en occuper, nous chargeant nous même du lait et de la santé de l’enfant. Il n’est pas revenu à ce jour (28 décembre) et nous avons appris que le frère aîné de Adèle était mort au village tout récemment. Dans de telles conditions, nous préférons garder Adèle à la maison.
Après un gavage en règle de Martine, Adèle revient bien et grossie de façon convenable : fin décembre 3 kilos et demi.

Achille

AchilleDébut décembre, Achille a été transporté à l’hôpital de la CNPS, pour soigner un palu cérébral. Il a convulsé et est tombé dans le coma pendant 5 jours. C’était durant mon voyage en France et Martine s’est démenée pendant 2 semaines, entre l’hôpital, la pharmacie et la maison. Achille est de retour à la maison mais nous pensons que certaines fonctions ont été touchées. Achille ne voit plus pour l’instant, il pleure beaucoup et est facilement irritable, il ne s’assoit plus, bref, ce n’est plus le bébé vif et actif qu’il était. Cela fait maintenant 2 semaines qu’il est sorti de l’hôpital et les choses s’améliorent. Néanmoins il ne pourra pas tout récupérer.

Didier

DidierDidier était chez son papa depuis 2 ans, un quartier périphérique de Maroua, Dougouf. Mais, depuis quelques temps, cela n’allait plus du tout. Il faisait bêtise sur bêtise (vols, fugues, nombreuses absences à l’école etc.). A sa dernière fugue, nous l’avons récupéré à Foulou, chez les parents de Martine. Le dialogue avec son papa étant complètement rompus (le moindre reproche le faisait fuguer), nous avons décidés de le reprendre à la maison et de l’inscrire, à la rentrée de janvier, au Lycée classique de Maroua qui est à 10 minutes à pied de la maison.
Didier a été chez nous durant toute les vacances scolaire et il s’est bien comporté. Nous espérons qu’il pourra surmonter la crise qui l’occupe depuis 6 mois. Il est vrai que l’environnement, chez son papa, n’est pas propice a un bon épanouissement : son papa s’est remarié 2 fois et les enfants, dans ce foyer, son mal encadrés. Ils sont un peu laissés à eux même et l’affectif est absent.

La pisciculture

PiscicultureNous sommes partis à Maga chercher des tilapias pour mettre dans un bassin. Le transport c’est bien passé et la mise à l’eau également. Il y en a 79. Nous avons aussi péché des poissons chats pour les mettre dans un autre bassins afin qu’ils puissent grossir un peu plus vite. Nous pensons manger les premiers vers le début d’année.
Le 24 décembre nous avons fait une pêche, dans le bassin des tilapias, afin de voir si leur reproduction étaient commencés et mettre les alevins dans un autre pour les faire grossir. Nous en avons pris une quinzaine que nous avons, pour l’instant, isolée.

Noël

Le jour de Noël, les enfants du quartier sont venus en nombre pour fêter avec nous et même avant nous. Les premiers sont venus vers 10h30 alors que nous même avons mangés vers 14h00, du cochon (donné par les parents de Martine), de la chèvre et du canard de la maison. Le tout accompagné par des bananes plantais frites et un peu de bilbil.
Le 1ier janvier nous serons à Foulou chez les parents de Martine.

Martine & Thierry

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