Décès de Martine et retour au Cameroun

Martine en juillet 2016Martine était atteinte d’une scléromyosite avec un syndrome de chevauchement. C’est une maladie auto immune qui s’attaque aux muscles et aux organes. Cela a été diagnostiqué il y a 3 ans. De plus elle s’est fracturé le fémur peu de temps après, suite sans doute à la fragilisation du tissu osseux du à la prise quotidienne de cortisone.
Elle s’était déjà fait opéré l’année dernière pour sa fracture mais il n’y avait pas eu de calcification et la plaque qu’on lui avait mise s’était cassée en 2.
Cette année l’orthopédiste l’a réopéré et s’est en remontant du bloc opératoire qu’elle a commencé a avoir une insuffisance respiratoire et cardiaque.
Elle a lutté durant 3 jours, avec des hauts et des bas et j’étais à côté d’elle jusqu’au bout.
Elle ne s’est jamais plainte, remerciant toujours les infirmières qui étaient a côté d’elle.
Elle est décédée le lundi 29 août à 23h50 à l’hôpital de la Croix St Simon à Paris d’un arrêt cardiaque après une grosse crise d’insuffisance respiratoire.

Après un voyage retour en avion d’une grande tristesse, Guinra et d’autres membres de la famille m’attendais à l’aéroport de Yaoundé. Une délégation de membres des Foyers de charité de Mbalmayo attendait également le cercueil pour un Adieu à Martine sur le parking de l’aéroport.
Ensuite nous avons remontés tout le Cameroun dans un voyage éreintant de 27 h00 en bus.
L’accueil à Maroua dans notre maison a été émotionnellement très éprouvant : a peu près 400 à 500 personnes à geindre et à crier à l’arrivée du cercueil. Jean Baptiste, un membre des Foyers de charité de Ngaoundéré, m’a extrait de la foule en pleurs. Les enfants étaient également effondrés et ce n’est qu’après quelques temps que j’ai pu leur parler et être avec eux.
La messe a eu lieu sous le nimier de la cour. Le Père Atangana (93 ans), celui qui était au Foyer de charité de Ngaoundéré et qui a été pendant 12 ans avec Martine dans la communauté, était également là.
L’inhumation a eu lieu dans le prolongement de l’office.
Ensuite, la communauté Tupuri, la famille de Martine, a pleurer, crier, danser sur la tombe et bu beaucoup, beaucoup de bilbil (bière de mil) et cela pendant toute la nuit au son lancinant du tam tam. Très dure nuit !
Le lendemain matin, il restait bien encore une centaine de personnes, la famille et les plus proches. Moins de danses, moins cris mais toujours autant de bilbil.
Malgré le fait que la maman de Martine, ses frères et ses sœurs, tous m’ont répéter qu’il ne fallait pas m’isoler et qu’ils étaient avec moi, il n’empêche que le seul blanc de ce deuil se sentait vraiment seul. Les enfants m’ont beaucoup aidé par la suite et tout le monde a fini par partir, petit à petit. Mardi matin à sonner le départ des derniers membres de la famille de Martine et nous même sommes partis mardi vers les 14h00. Nous devions partir tôt le matin mais une énorme pluie nous a retardés.
Nous sommes arrivés à 2h00 du matin et c’est seulement aujourd’hui que les enfants ont commencés l’école. Je suis à la maison avec Maïguéré, une cousine de Martine qui aide à la cuisine et lessive, avec Bouba et Achille. La journée je m’occupe, surtout en ce moment, mais le soir, un gros coup de blues me rattrape invariablement.
Merci à vous tous pour l’amour et l’amitié que vous avez manifesté durant cette très dure période de mon existence. Merci pour vos prières, pour les croyants, et vos pensées pour tous les autres. Cela m’aide énormément.
La maman de Martine m’a remercié de tout ce que j’ai pu faire pour Martine lors de sa maladie et m’a aussi dit que je n’étais pas son beau fils mais son fils ainé et qu’elle sera toujours là comme elle l’a toujours était quand Martine était a mes côtés.
Voilà, pardon pour le bavardage.
Comme on dit au Cameroun, « On est ensemble ».

Amour & Paix
Martine & Thierry.