Nouvelles - 3ème trimestre 2010
Maroua le 5 octobre 2010
1. La rentrée scolaire
Cette année fut la plus dure financièrement. Les enfants grandissent et les fournitures scolaires du lycée coûtent de plus en plus chères. De plus, contrairement à ce que l’on nous dit, l’école est loin d’être gratuite. En plus de l’inscription, il faut
ajouter l’argent pour l’APE (association des parents d’élèves) qui fournit les salaires des enseignants qui ne sont pas payés par le ministère, et ils sont nombreux. A ces deux sommes, il faut ajouter, pour les lycéens, ce qu’on appelle l’argent de la
table banc. On réclame, pour chaque nouvel inscrit au secondaire, 15 000Fcfa pour le banc. Cela ne veut pas dire que votre enfant sera assis pour les cours. C’est simplement un nouveau moyen de prendre de l’argent aux parents. Après, si vous
inscrivez vos enfants à l’école publique, vous êtes à peu près certains de les voir évoluer dans une classe avoisinant le nombre de 100 pour les primaires, voir 150 pour le collège. Alors c’est sur, si on laisse parler les chiffres seuls, un énorme effort est effectué par l’éducation nationale, mais uniquement au détriment de la qualité, en tout cas c’est l’exemple de Maroua et c’est loin d’être un cas isolé car dans les villages voisins, c’est bien pire..
Les inscriptions des 2 enfants de la maternelle (Ada et Gloria) s’élèvent à 40′000Fcfa. . A cela s’ajoute la tenue et les livres scolaires.
Nos enfants du primaire (Joseph, Béatrice et Henriette) ne sont pas à l’école publique. Nous avons pris l’école la plus proche. Les inscriptions sont de 20 000Fcfa par enfant plus la tenue exigée et obligatoire.
Pour Clarisse, qui avait ratée son examen d’entrée en 6ème (comme tous les élèves de son école !), nous avons put l’inscrire …en 6ème, au Collège protestant pour la modique somme de 62 000Fcfa plus la tenue scolaire. Ce sont les seuls qui affichaient leur tarifs librement et pour tous.
Léa et Ndeboum sont au Lycée technique. Comme c’est leur 2ème année, il n’y a plus les 15 000Fcfa pour la table banc mais l’inscription est de 22 000Fcfa. Mbrossi est le même cas que Clarisse : il a raté l’entrée en 6ème mais il est en 6ème au collège de Kakataré. C’est à dire que l’on a payés les frais de dossiers pour ces 2 enfants, pour l’entrée en 6ème, ils ont ratés (nous avons eu les résultats de l’examen le lendemain et ce pour toute l’école) mais cette année ils sont tous les deux en 6ème. Nous avons du faire des démarches dans d’autres collèges pour leur expliquer ces 2 cas et demander les conditions d’inscriptions : aucun refus mais des sommes d’inscriptions variées et parfois énormes !
Sandrine est en 4ème à Lam. Son inscription est de 20 000Fcfa. Il faut, de plus, changer de tenue scolaire, sportive et de chaussures très souvent. Cette année, pour elle et pour Didier, il faudra également payer pour le dossier du B.E.P.C.
Didier est en 3ème au Lycée de Meskine. Nous devons payer de nouveau la table banc de 15 000Fcfa (Didier était au Lycée de Foulou l’année dernière mais nous avons encore eu des problèmes de vols et de fugues avec lui et il est de nouveau en pension chez son père) et l’inscription de 30 000Fcfa .
Sawalda, lui, est au Petit Séminaire de Guider. Ils nous demande la somme de 110 000Fcfa pour l’inscription et l’internat. Le diocèse se charge de payer la différence c’est à dire 140 000Fcfa. En plus de l’inscription il y a les différentes tenue : celle de sortie, de sport, de détente et du coucher.
Simon est parti chez un de ses oncles, à Ngaoundéré, pour passer le probatoire, c’est à dire un examen à la fin de la 1ère, payant et indispensable pour ensuite passer le Baccalauréat.. Nous lui avons payer le transport de 10 000Fcfa.
Soussia cette année s’occupe du moulin, donc pour lui, normalement, l’école et la formation sont finies.
Nous avons également inscrit les enfants de Jacqueline à l’école primaire du quartier, 10 000Fcfa, et les livres et fournitures scolaires qui vont avec. Cette année, comme l’année dernière, la Fondation Orange nous a invitée à
une remise de fourniture scolaire pour 15 de nos enfants. Ils nous ont donnés des sacs, des cahiers, des crayons, des stylos et 10 000Fcfa par enfants. Cela nous aide beaucoup.
2. Achille et Bouba
Cette année, Bouba ne va pas à Mouda. Martine préfère l’avoir à côté d’elle pour participer à l’élaboration des repas. Il va cueillir les légumes au champs pour faire la sauce, et il aide à préparer. Pour l’instant cela se passe bien. Il prends ses
responsabilités à cœur. Evidemment, de temps en temps, il faut un peu le pousser et le recadrer mais dans l’ensemble, il se trouve mieux ici dans la famille.
Achille est à la maison également. Nous n’avons personne pour l’instant pour l’accompagner à Mouda pour la rééducation. Son papa biologique ne donne plus de nouvelle comme la plupart des autres papas de nos enfants. Ils se désengagent tous petit à petit.
3. Activités
Devant la faiblesse de la fourniture d’énergie de la SONEL, nous avons du acheter un petit groupe électrogène pour faire fonctionner la pompe de notre forage. La faiblesse de la tension était telle que la pompe ne fonctionnait plus et que nous avons du changer trois fois de contacteurs en trois semaines. Maintenant le problème est réglé même si cela nous coûte plus cher. Nous avions absolument besoin d’eau pour la pisciculture et pour commencer la culture des oignons et des
tomates.
Nous allons bientôt vider le bassin des 500 silures. Le dernier échantillonnage nous a montrés qu’ils grossissaient bien mieux avec, comme seul nourriture, les alevins séchés qui viennent de Lagdo. C’est cher mais au moins nous avons des
résultats probant en 5 mois. Nous allons voir ensuite si c’est rentable pour pouvoir continuer cette activité d’élevage semi-intensif dans plusieurs bassins. Nous continuerons a avoir un bassin pour les tilapias uniquement et peut être 1 ou 2 de polyculture, tilapias et silures.
Avec la pisciculture, nous avons aussi les canards qui, cette année, ce sont bien reproduis. Avec trois cannes, nous avons, pour l’instant, 28 canetons. Deux autres couvent encore.
Le moulin tourne depuis 1 mois et c’est un peu difficile. Nous avons eu beaucoup de problème au tout début, avec le moteur et le moulin lui même. Heureusement nous l’avons acheter au Centre Technique de Maroua (C.T.M.) qui le garantis 3 mois. Nous ne comptons plus le nombre d’aller et retour du technicien venant changer telle pièce ou telle autre. Depuis maintenant quelques jours, cela va
mieux mais les clients ne sont pas encore assez nombreux. Nous avons des recettes de 3 500Fcfa journalière, en moyenne, et les bénéfices, quand il y en a , sont petits : pour 63 000Fcfa de gaz oil acheté pour le moment, nous avons eu des recettes de 84 335Fcfa. Et cela sans le salaire du meunier qui est Soussia, un enfant de la
maison et que nous rétribuerons quand les recettes nous le permettrons. Le quartier est nouveau et les habitants de plus en plus nombreux. Nous espérons, et il y a de quoi espérer, qu’avec le temps les clients vont être de plus en plus nombreux. Il faut de la patience. Cela fait seulement 1 mois que nous avons commencer cette activité.
Nous avons commencés le maraîchage, avec les oignons et les tomates. Ensuite viendront les poireaux, poivrons, carottes, courgettes, betterave et concombre. La saison des pluies est tardive, il pleut encore de temps en temps, et c’est bon pour le sol.
Martine et Thierry.
