Nouvelles - 1er trimestre 2009
Maroua, janvier, février et mars 2009
Les enfants
Le grand Joseph est quasiment indépendant. Il travaille à la Fondation Bethléem de Mouda, comme moi, mais à l’atelier soudure. Jusqu’à présent il n’était que stagiaire mais maintenant il peut compter sur un salaire de 25 000Fcfa par mois. Ce n’est pas beaucoup mais c’est suffisant pour les dépenses qu’il rencontre à Mouda. La location d’une case est de 1 500Fcfa/mensuel et pour la nourriture c’est plus facile qu’à Maroua. Nous lui avons payé un lit et la moitié du matelas. Il faut qu’il commence à gérer son argent. Il a du mal a comprendre et nous demande toujours le mil, le savon et d’autre dépenses quotidiennes.
Récemment, Joseph et Madeleine Tchiouto, son amie, sont venus nous rendre visite pour un problème les concernant. Le samedi 14 mars, Martine est partie avec Madeleine chez son père pour se présenter et lui dire que Joseph et Madeleine, étant tombé amoureux l’un de l’autre, ils envisageaient de se marier et demandaient l’approbation de ses parents. Le papa a accepté au grand soulagement de Tchiouto qui avait peur de cette entrevue.
Didier a commencé sa scolarité au Lycée classique. Nous avons du repayer entièrement son inscription et comme c’est sa première année dans ce collège, il faut en plus donner l’argent pour une table banc (10 000Fcfa). De plus, il n’avait pas de tenue de sport, de tenue du collège (chaque école a un uniforme) et il lui manquait des livres (anglais, mathématique et d’autres) et les fournitures. Nous nous demandons comment il a pu faire jusqu’à présent pour suivre là où il était, au lycée de Meskine.
Tout se passait bien jusqu’au week-end dernier (8 mars 2009) où Martine s’est aperçue qu’il manquait le téléphone portable de la maison. Après enquête, il s’avère que c’est Didier qui a pris le téléphone pour le vendre à Joseph en lui disant qu’on lui avait donné. Après avoir nié et menti pendant toute une matinée, Joseph à avoué. Peut être a t-il fait cela pour nous remercier de nous occuper de lui !
Quand à Didier, après avoir touché 5 000Fcfa de la part de Joseph, il a été prié de se nourrir lui même durant 3 jours. Nous nous sommes aperçus également qu’ils vendaient les peu de livres que l’on avait pour les enfants. Il est désormais interdit pour lui d’entrer dans le salon. Nous supposons aussi qu’il a vendu tous ces livres de classe et tout ce qui manquait et que nous avons été obligé de racheter .
Clandos & occasions
Notre quartier Lugguéo, dans Maroua, est situé plein est et la route de Garoua (celle qui passe par Mouda) se situe à l’entrée de la ville plein ouest, ce qui fait qu’il nous faut traverser toute la ville pour aller et revenir de mon lieu de travail .
Jusqu’à présent, pour y aller, le lundi et le jeudi matin, je partais de la maison vers les 6h00 pour essayer de trouver une
moto taxi (appelé « clando » car la plupart ne sont pas en règle). Et n’est pas facile car nous habitons au fond du fond du quartier et il faut souvent marcher 15 minutes avant d’en rencontrer un, tombé du lit, qui puisse m’emmener au carrefour Para, là où les mini bus (communément appelée « occasion ») partent pour le sud (vers Garoua et Yagoua). Ensuite, après 15 ou 20 minutes de moto, et de frayeurs car nous n’avons pas le même code de la route, nous arrivons au stationnement où 3 ou 4 placeurs essayent de vous convaincre que l’occasion, qui est là devant vous, vide, va partir dans la seconde et qu’il faut absolument que vous lui donniez l’argent du transport avant que l’occasion ne vous échappe. Si vous ne les connaissez pas, ils sont très convaincant et cela peut vous retarder dans votre journée d’une heure voir plus, car une fois l’argent empochée, plus moyen de le récupéré même si des dizaines de voitures partent devant vous.
Au carrefour, il y a deux sortent de voitures qui transportent les gens : celles qui font du ramassage et qui partent vide ou à moitié vide et qui s’arrêtent au bord de la route pour « ramasser » les clients. Et puis ils y a celles qui stationnent au carrefour et qui remplissent le plus possible avant de partir. Si vous arrivez à ce carrefour avant 7 h 00 du matin, pas de problème, il y aura toujours une occasion de passage ou une autre déjà bien remplie, mais on ne refuse pas le client, prêtre à partir. Après 7 h 00, c’est plus aléatoire. Il y a moins de passage et les voitures en stationnement sont souvent vide car les premières sont déjà en route. Il faut patienter.
Donc, si vous donnez votre argent au premier venu, certes il n’est pas perdu mais vous avez peut être tirer le mauvais numéro qui partira lorsqu’il sera bien plein, une heure après voir plus. Martine a déjà, dans sa jeunesse, attendue plus d’une demi-journée à ce fameux carrefour. Moi même, je me suis fâché plusieurs fois pour récupérer mon argent, mal placée, alors qu’une voiture partait devant moi.
Mais en règle générale, le départ de Maroua ne pose pas d’énormes problèmes. Le plus compliqué est de partir de Mouda pour Maroua. Cela devient très aléatoire, suivant le jour (il y a plus de voiture tel jour car c’est un marché important dans tel village) et l’heure. On peut attendre 2 minutes, ou bien 3 heures, qu’une occasion veuille bien s’arrêter pour vous prendre. Il y a des jours où des dizaines de voitures peuvent passées devant vous sans pour autant s’arrêter car déjà surchargées de marchandises et de personnes. Pour exemple, les occasions du mardi qui partent en fin d’après midi de Moutourwa, jour de marché, et qui rentrent à Maroua remplies, 4 personnes devant, et 20 derrière dans un mini bus Toyota de 12 ou 13 passagers. Il m’est arrivé de rester sur le goudron, à Mouda, de 16 h 30 à 19 h 30 sans qu’aucune voiture ne s’arrête. C’est finalement un ami de Martine, qui revenait de Kaele en moto, qui m’a ramené à la maison, il était plus de 20 h 30.
Tout cela pour dire que j’étais fatigué de souffrir sur la route le mardi, et qu’en conséquence, nous avons décidé d’acheter une petite Suzuki pour les déplacements en ville (le pick-up me servira à aller et revenir de Mouda, avec Bouba, et chercher du bois de cuisine en brousse). C’est un prêtre de Moutourwa, le Père Xavier, qui l’avait mise en vente chez un mécanicien de Maroua, où elle est restée plus de 6 mois. Nous la prenons à crédit et payons un peu de temps en temps, il n’est pas pressé et a confiance. Nous faisons la tontine avec Martine et c’est comme cela que nous allons pouvoir la payer. Je suis libéré et enfin je peux partir de Mouda en me disant que, si Dieu veut, je serai à la maison dans une heure.
Martine & Thierry
