Maison Daniel Brottier

Archives pour juillet 2008

Galerie Photos - Juin 2008

Samedi 5 juillet 2008

Les enfants grandissent… en taille est, espérons-le, en sagesse !

Nouvelles - 2ème trimestre 2008

Samedi 5 juillet 2008

Maroua 21 mars 2008

AchilleLe dimanche 6 mars, un bébé nous est amené à la maison. La maman est morte à l’hôpital de Meskine suite à une déchirure utérine. Elle a accouché dans un dispensaire de Maroua mais cela ne s’est pas bien passé. De plus, l’infirmier de garde n’a pas eu la promptitude et l’expérience nécessaire pour s’apercevoir qu’il ne pouvais rien faire pour arrêter l’hémorragie. Il a envoyé la femme à l’hôpital, bien trop tard, et le temps que l’on cherche du sang de même groupe pour la transfusion, la maman s’était vidée de son sang.
Le garçon est à la maison et nous impose un rythme nocturne que Martine a du mal à suivre. Dés qu’il a évacué la nourriture absorbée, il réclame à manger. En toute logique, le bébé devrai retourner en famille après le deuil. Pour l’instant il est en bonne santé et mange bien. Nous avons l’habitude de prendre les bébés une semaine ou 10 jours après la mort de la maman et souvent les enfants sont mal nourris, déshydratés et très faible. Cette fois-ci, la famille, malgré le deuil, a agis promptement, certainement parce que le médecin de l’hôpital a pris les choses en main.

mokoloNous avons passé quelques jours à Mokolo, pour les vacances de Pâques. Nous avons un peu testée la voiture en allant à Djinglia, à 20 kilomètres de Mokolo. La route est « terrible », dans tous les sens du terme. D’abord le paysage est splendide. C’est dans la montagne avec des empilements de rochers et des cases partout au alentours et ensuite la route n’est pas une route a proprement parlé. Dans le col de Koza, la première vitesse était le maximum et il faut une attention de tout les instants car la route n’est plus arrangée depuis plusieurs année et les chutes de pierres et de rocher jonchent le chemin . Cela vaut le détour, quand même, mais pas trop souvent. De plus, la chaleur est au rendez vous depuis 3 semaines et nous sommes partis un peu tard dans la matinée.

30 mars 2008

Achille est toujours à la maison. Son papa est venu le voir avant hier. Il nous a dit qu’il cherchait une personne pour s’occuper de l’enfant, dans un premier temps chez nous, et ensuite il pourrai partir dans sa famille.
oscarOscar, le bébé dont on a parlé au 1ier trimestre est revenu à la maison, très faible. Nous l’avons amené d’urgence à l’hôpital où il est resté 6 jours. Il est sorti hier et c’est un soulagement pour tout le monde. Mais c’est un enfant qui a beaucoup de problème. Il vomi souvent le lait qu’il prend. Au village, c’est très difficile. La coépouse qui s’en occupe n’a pas les moyens et le papa de l’enfant ne pense qu’a boire et a saouler durant la journée. On imagine très mal, avec Martine, l’avenir de cet enfant dans sa famille et dans la brousse de Mindif.

4 juin 2008

Oscar est décédé au début du mois de mai. Après sa sortie de l’hôpital, il est revenu chez nous avec sa marâtre. Il est mort le dimanche soir, dans les bras de celle-ci. Nous les avons emmenés dans leur village le lundi matin de bonne heure.
Achille est toujours à la maison. Son papa, qui venait de temps en temps et nous payer son lait maternel, ne viendra plus si souvent car il a été affecté (c’est un fonctionnaire) à Tcholliré, à l’est de Ngaoundéré. Il nous laisse Achille en nous promettant qu’il le suivra et le soutiendra mais que pour l’instant il était mieux chez nous.
La compagnie d ‘électricité, AES Sonel, a beaucoup de soucis en saison des pluies. Nous avons eu une coupure, dans tout l’extrème nord, durant 4 jours. Cela veut dire plus d’eau à Maroua et plus de lumière. La SNEC (La compagnie des eaux) n’a pas de groupe électrogène et chacun s’est débrouillé pour trouver de l’eau. Nous même n’avons pas souffert car notre puits est sur le terrain et nous suffit amplement.
La foreuseNous avons commencés avec Jérôme, un coopérant de la D.C.C. (Délégation catholique de la coopération), le projet de pisciculture qui a été financé par l’O.I.F. (Organisation Internationale de la Francophonie) en vue de renforcer notre part d’autofinancement. Cinq bassins sont déjà creusés et un forage a été effectué. Le forage n’est pas profond (26 mètres) car nous sommes tombé sur le socle de la montagne qui est derrière la maison. Le débit est de 0,75 m cube / heure, ce qui est bien pour une consommation domestique mais qui est faible si l’on veut faire de la pisciculture semi-intensive.

Le 22 juin 2008

La scolarité

L’école est terminée. Tout le monde passe en classe supérieure.
En maternelle, Henriette Tchakfine et Béatrice Sundila iront, l’année prochaine, en moyenne section. Joseph Kaldaossa passe en grande section.
Pour les primaires :
Mbrossi Moïse passe au CM1 avec une moyenne annuelle de 12,36 et un rang de 20ième sur 75.
Maïloubra Clarisse passe au CM1 avec une moyenne de 12,72 et un rang de 16ième sur 75 (ils sont dans la même classe).
Ndeboum Geneviève passe au CM2 avec une moyenne annuelle de 10,36 et un rang de 28ième sur 68.
Soussia Raymond passe au CM2 avec une moyenne annuelle de 10,61 et un rang de 21ième sur 68.
Bahane Léa passe également au CM2 avec une moyenne annuelle de 10,91 et un rang de 20ième sur 68.

Pour les collégiens :
Sawalda Yves Plumey passe en 4ième espagnol avec une moyenne annuelle de 12,43 (moyenne de la classe 11,91) et un rang de 19ième sur 72. Ses points forts sont les mathématiques, avec une moyenne de 17/20, l’éducation physique et les travaux manuels. Son gros point faible est le français mais il progresse.
Didier Tchobo Ndoumbe (le nom de son papa) passe en 4ième espagnol avec une moyenne annuelle de 10,86 (moyenne de la classe 11,02) et un rang de 48ième sur 83. Ses points forts sont histoire et géographie mais le français et les maths sont insuffisants.
Adimar Simon passe en 3ième allemand avec une moyenne annuelle de 12,02 (moyenne de la classe 9,94) et un rang de 7ième sur 83. Ses points forts sont la physique et chimie et la faiblesse se situe aussi en français.

Ce que l’on peut déduire en voyant tout ses résultats, c’est les sureffectifs chroniques, dus au manque des personnel (beaucoup d’établissements mais très peu de nomination pour les postes), et la faiblesse de tous en français, ce qui est logique car pour la plupart ce n’est pas la langue maternelle et pour certains ce n’est que la troisième langue. Tous commencent à apprendre à parler la langue de leur ethnie (Tupuri, Mondang, Maffa, Moufou, Guidar, Guizigua etc.), ensuite le Fufuldé qui est la langue des Foulbés (ou Peuls) et également la langue véhiculaire du nord Cameroun, parlé au quartier, au marché et dans tout Maroua et sa région, de Kousséri à Ngaoundéré. Le français vient après, à l’entrée à la maternelle ou à la S.I.L. (session d’initiation au langage) à l’âge de 6 ou 7 ans, pour ceux qui vont à l’école.
A Maroua, il y a encore de nombreux parents qui envoient leurs enfants à l’école coranique, lieu où ils apprennent le coran avec comme instructeur un Maloum, et quelques bases de vie communautaire. Beaucoup des ses enfants, avant ou après l’école, se retrouvent dans la rue au quartier, au marché, et mendient pour payer leur instruction auprès du Maloum.
En brousse, beaucoup ne peuvent envoyer leurs enfants à l’école, faute de moyens et pour ne pas se priver de main d’œuvre pour les champs ou pour garder les chèvres. Pour les filles, elles sont souvent orienter très tôt vers la cuisine, la corvée du bois de cuisine, la lessive et la corvée pour aller chercher l’eau au puits, qui est parfois très loin, surtout en saison des pluies.

Deuils et funérailles

Le 28 juin, nous iront à Foulou avec tous les enfants pour les funérailles d’un oncle de Martine (frère de son papa, même père même mère). Celui ci est décédé le 1ier avril 2008 à Foulou. Le deuil et les funérailles sont deux choses bien différentes : le deuil c’est au moment de la mort. L’enterrement a lieu tout de suite car il n’y a pas de moyen pour conserver le corps et la chaleur est réelle. Ensuite les gens viennent rendre condoléances pendant une période plus ou moins longue. Les moyens de transports sont aléatoires (surtout de villages à villages) et la nouvelle d’un décès peut mettre plusieurs jours à arriver à son destinataire.
Après, la famille se prépare pour faire les funérailles, c’est à dire la fête et dire adieu au défunt. Il y a une cérémonie sur la tombe et ensuite se sont les festivités, manger, boire et parfois la danse également. Les funérailles peuvent se faire une année après le décès, tout dépend des moyens de la famille et de sa situation. Tant que les funérailles n’ont pas eu lieu, la veuve reste liée à la famille du défunt, c’est à dire dans ce cas précis, au papa de Martine qui est l’aîné et le chef de famille. Selon la coutume Tupuri, le conseil de famille doit décider à qui confier la veuve, pour que celle ci ne soit pas sans ressource et puisse continuer à élever ses enfants (si elle en a) et à ne pas être dans le besoin. La coutume ancestrale voudrait que le papa de Martine prenne la femme de son frère, mais celui ci ne veut pas et compte lui rendre sa liberté. Chaque membre de la famille proche doit apporter à manger et de quoi faire la bière de mil. Les préparatifs vont commencer mardi matin pour le samedi.

Martine & Thierry

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