Nouvelles 1er semestre 2007
Samedi 1 septembre 2007Entre bilan de fin d’année scolaire et séjours à l’hôpital, découvrez un quotidien bien différent du nôtre…
Bilan scolaire et vacances
L’année scolaire s’achève pour nos enfants. Emmanuel Essala, qui passait l’entrée en 6ème, a échoué, comme c’était prévisible. C’est un enfant qui était à Yaoundé jusqu’au mois d’août 2006, et qui a suivi une école de très faible niveau. On espère qu’il aura la possibilité de redoubler. Pour Philippe, son frère, les résultats sont très moyens. Il est en 5ème au lycée classique de Maroua. Il est admis en classe supérieure mais avec une moyenne de 10,50 sur 20. Pour ces deux là, les vacances prennent la direction du Centre, Yaoundé, où il leurs reste de la famille. Nous allons accueillir de nouveau Emmanuel, l’année prochaine, mais pour Philippe, nous sommes en pleine réflexion. Nous ne souhaitons plus le prendre à Maroua, et lui-même ne le désire pas. Nous avons rencontré beaucoup de difficultés avec lui.
Pour Sawalda, les résultats sont plutôt encourageants. Il est admis en 5ème avec une moyenne de 10.91, ce qui est très moyen mais on s’attendait à pire.
Pour Joseph Yountaï, sa formation en soudure se passe bien. Il est actuellement en stage de perfectionnement. Il devrait reprendre l’école au mois d’octobre.
Bouba va aller à Ngaoundéré chez ses parents, si on les trouve. Martine va l’accompagner. Pour lui, l’école ne sert à rien. Le directeur l’a exclu. Il ne fait rien et s’en moque complètement. Il a de gros troubles psychologiques. Il insulte le maître, dort en classe et ne retient absolument rien. Nous pensons le confier à la Fondation Bethléem de Mouda, l’année prochaine, pour qu’il soit suivi d’un peu plus près. Nous ne pouvons pas être derrière constamment, et pourtant c’est la seule solution avec lui.
Pour Sucia et Léa, ils sont tous les deux admis aux CM1, avec une moyenne respective de 12,90 et 12,06. Pour Ndeboum Geneviève, qui est venue en cours d’année de N’Djamena, elle est également admise au CM1 avec une moyenne de 10,47. Elle s’est bien reprise car au Tchad, sa moyenne était très faible.
Pour Clarisse et Mbrossi, tous deux sont également promu en classe supérieur, en CE2, 12,56 pour Clarisse et 11 pour Moïse Mbrossi.
L’hôpital et les malades
Le mois de mai fut éprouvant pour nous et juin a l’air de vouloir faire la même chose.
Il y a eu en premier Marie Thérèse Adda Wabi. Martine l’a transporté d’urgence à l’hôpital, à 3h00 du matin, car elle avait plus de 40°, la diarrhée et n’arrêtait pas de pleurer. Après de multiples examens et analyses, le médecin n’a rien trouvé. Donc, on a tout soigné : paludisme, bronchite, amibe, vers intestinaux et infections diverses. Au bout de 5 jours, l’enfant allait beaucoup mieux, et nous avons pu sortir de l’hôpital. Nous avons dépensé, pour l’hospitalisation de Marie Thérèse, plus de 130 000Fcfa (325 CHF, 200 EUR). Heureusement pour nous, nous avons cet argent grâce aux parrainages, mais j’imagine une famille avec des revenus moyens !
Ensuite, après examens des selles, on a constaté que Béatrice avait des champignons intestinaux et que Gloria faisait la culture d’œufs de ténias dans ses intestins, involontairement j’espère ! Sans grande gravité, nous les soignons à la maison.
Début juin, nous constatons que Clarisse a une plaie au coude avec excroissance. Clarisse est très réservée et pour la faire parler, c’est très difficile. Nous lui posons des questions, a savoir si elle est tombée, si elle a mal, depuis combien de temps elle a cette plaie et les réponses sont toutes très évasives. Martine, croyant que le bras est cassé, part à l’hôpital faire une radiographie. Le diagnostic du médecin est qu’elle a une ostéo-arthrite et que l’os est rongé. L’excroissance se révèle du pus et après analyse, il s’avère que cela a était occasionné par des staphylocoques qui ont pénétré par une plaie. Le bilan est une semaine de perfusion et 1 mois d’antibiotique, si tout va bien. Le médecin nous disait qu’une infection comme celle ci, prise un peu tard, pouvait déboucher sur des conséquences très graves, surtout au niveau d’une articulation. A l’heure actuelle, elle est toujours à l’hôpital et ses soins nous coûtent également beaucoup, mais c’est de l’argent bien dépensé.
Le plus difficile, quand une personne est à l’hôpital, c’est les allers et retours, le mouvement perpétuel entre la maison, l’hôpital et la pharmacie : à la maison pour les repas et à la pharmacie pour les médicaments car il n’y a pas ces services à l’hôpital. La moindre seringue, le moindre bout de coton ou d’alcool, il faut partir l’acheter en pharmacie.
Les repas ne sont pas n’ont plus assurés et il faut également prévoir une ou deux personnes pour veiller sur le malade, de jour comme de nuit. Ce qui fait au moins deux déplacements pour apporter les repas au malades et aux gardes malades, plus les allers et retours à la pharmacie, car en général on prescrit pour un ou deux jours de médicaments, pour pouvoir s’adapter à l’évolution de la maladie. Pendant ce temps là, à la maison, il manque les personnes qui sont gardes malades et toute notre organisation est mise à mal.
Le matin, quand on apporte le petit déjeuner, la ou les personnes qui ont passé la nuit à l’hôpital, rentrent pour se laver et se reposer un peu. Elles repartent en général lorsque la nourriture du midi est prête, et remplace la personne qui est venue le matin. Le timing et le nombre de personne disponible est très important.
Quand Adda Wabi a était hospitalisé, il y avait au moins deux personnes à l’hôpital, une pour veiller constamment la petite, et l’autre pour courir à la pharmacie en cas de besoin.
Les aides financières
Bien que nous soyons reconnus, officieusement, par la délégation provinciale des Affaires sociales, il est néanmoins assez difficile de prétendre a des aides ponctuelles.
Nous avons déjà reçus une subvention en 2004, de un million et demi, mais sans suite. Deux associations nous ont également donnés, en début d’année, des sac de riz, des cartons de savons, d’huile, du lait et du chocolat, et cela nous a beaucoup aidé.
Prochainement, pour la journée mondiale de l’enfant, nous accueillons les Délégués de la Province et du département des Affaires sociales, pour recevoir des dons. Nous aurons droit a 4 sacs de riz, 1 carton de sucre, 1 carton de savon et 2 bidon d’huile. C’est toujours bon à prendre.
Martine et Thierry
